Trisomie 21
Prémonition
n°12 (fevrier 1993)


Groupe légendaire mais discret de la scène française. Trisomie 21 nous offre pour la première fois un entretien. "La presse et nous, nous n'avions plus rien à nous dire". C'est pourtant à bâtons rompus qu'ils se dévoilent et prennent le temps de passer en revue plus de dix ans de carrière.

Quelle est la situation géographique actuelle de Trisomie 21 ?
Hervé : Philippe est toujours dans le nord et moi je me suis installé dans le sud depuis le mois d'Août. Il y fait plus chaud... non, ça n'a rien a voir, ni avec le groupe. Départ pour raison privée !

N'est-ce pas gênant pour le groupe ?
Hervé : Nous avons une méthode de travail qui s'adapte facilement aux distances. Nous avons depuis très longtemps abandonné le système des répétitions et des réunions communes. Philippe fait différents essais de voix sur des bases: rythmiques, il essaie des variations de timbres, pose les textes... et après seulement on recale, en fonction de l'évolution du morceau. Tout est retravaillé à base de samplers. Que nous soyons à 1000 km l'un de l'autre n'est pas gênant. Nous avons toujours bossé comme ça.

Appliquez-vous une logique globale ou ponctuelle dans Trisomie 21 ?
Hervé : II y a toujours eu une démarche réfléchie dans Trisomie 21, mais ce qui change pour "Distant voices", c'est que c'est notre premier disque qui n'ait pas de concept. Les autres avaient tous un fil conducteur, ce qui n'est pas le cas ici. C'est un album de chansons et il n'y a aucun lien entre chaque titre, aucun rapport avec ce que nous avons fait avant et certainement pas avec ce qu'il y aura après. Cette idée nous plaisait. Mais on ne doit pas non plus le mettre en dehors de ce que nous avons fait jusqu'à présent.

Les premières productions.
Hervé : "Passions divisées" date de 1981, "Le repos des enfants heureux" a été enregistré beaucoup plus tard. Nous avons mis un bout de temps à le sortir, il devait contenir cinq titres au total, mais nous avons finalement fait d'autres morceaux six ou sept mois après.

Wait and dance / Chapter IV / Chapter IV and Wait and dance remixed.
Hervé : Nous expliquons le remix de "Chapter IV" sur la pochette du CD. Nous n'avons jamais vraiment su pourquoi, mais nous nous sommes retrouvé avec une énorme erreur technique, ce qui lui donne un son très étrange. Il est inécoutable en mono. Si il passe en radio, tu n'entendras pas la basse, et il te manquera un tas de choses. C'est un problème qui est arrivé de je ne sais quelle manière. On s'en est rendu compte, mais il n'était pas possible de financer un autre enregistrement à ce moment-là. Nous ne pouvions rien faire, c'était trop tard. Mais le remix comportait encore des erreurs, cette fois-ci au niveau de la pochette. "Le je ne sais quoi et le presque rien" a disparu de la pochette finale, "Nightflight" (vol de nuit) est devenu "Nightfly" (mouche de nuit). C'est assez infernal, ne pas réussir à avoir une pochette de disque sans faute !

Le terme de "remix" était-il vraiment opportun ?
Philippe : Nous nous sommes également posés la question... il faut le prendre au sens littéral.

Pourquoi n'avez-vous pas retravaille de la même manière les deux premiers albums ?
Philippe : C'est bien simple, le master du "Repos des enfants heureux" n'est plus en notre possession, et le CD a été remasterisé à partir du vynil.
Hervé : Nous n'étions plus sur le même label. Et puis, retravailler les premiers... il n'y avait pas la même envie. Et ça ne concernait plus les mêmes personnes. Pour "Chapter IV", nous étions les trois mêmes. Au niveau éthique, nous ne pouvions pas nous le permettre.


Vous n'étiez pas sur Play It Again Sam dès vos débuts ?
Philippe : Non, et c'est pour ça que nous avons mis du temps à sortir le deuxième album. Nous étions sur un petit label à l'époque de "Passions divisées", sur lequel se trouvait également Norma Loy. Nous avions confié les bandes du "Repos des enfants heureux" à une firme belge, Himalaya / Les disques du crépuscule, qui en ont sorti un nombre important en pirate. Ils avaient tout changé, sauf le nom, Trisomie 21. Et ils ont toujours le master.
Hervé : Nous n'avons pu intenter un procès qu'à notre label, car ce sont eux qui étaient en contrat avec Himalaya. Nous l'avons gagné mais nous n'avons jamais réussi à récupérer le master ! PIAS avait appris que nous étions en froid avec tout le monde à cette époque-là, ils nous ont donc contactés et nous n'avons pas hésité.


Joh' Burg / Shift away.
La face B de "Joh' Burg" regroupe de nouvelles versions de La fête triste, II se noie, Djakarta.
Hervé : Nous étions harcelés de toutes parts pour que l'on ressorte les deux premiers albums. Mais nous ne pouvions pas, vu que nous n'avions plus les masters. On a donc choisi de réenregistrer ces trois titres, parce que ce sont des morceaux que nous avions faits tout les deux. loh' Burg est très particulier.
Hervé : A l'époque, il y avait un important renouvellement des machines, c'était l'arrivée des premiers samplers. C'est quelque chose que nous n'avions jamais fait et ça a été un peu galère, car les machines n'étaient pas encore tout à fait au point.
Philippe : Nous voulions utiliser un côté technique que personne ne connaissait, qui n'avait jamais été exploité.
Hervé : Ces deux maxis étaient vraiment un défoulement, un décrassage après l'album
.

Million lights
Philippe : "Million lights" perdait le côté rock de "Chapter IV" car nous n'étions plus que deux.
Hervé : Mais c'était toujours Trisomie 21, il n'y a pas eu de rupture.


Pourquoi Laurent Dagnicourt, le bassiste, a-t-il quitté le groupe ?
Philippe : Désaccord sur la musique. Laurent ne composait que quatre ou cinq lignes de basse quand Hervé en faisait une vingtaine. Au bout d'un moment, lorsqu'on te dit que le bassiste est excellent, des conflits apparaissent si les qualités sont attribuées à quelqu'un qui n'est pas apte à les recevoir. Nos rapports se sont réellement dégradés quand Laurent a commencé à se persuader qu'il était vraiment très bon (rires) ! Nous avons été obligés de mettre les choses au point. Trisomie 21, c'était Hervé et moi, pas lui... donc, rupture...

The official bootleg.
Hervé : C'est un album 33 tours live destiné uniquement à la vente de fan club. On nous reprochait le côté trop sage du groupe, alors nous avons décidé de faire tourner un clochard avec nous, qui chantait et jouait du violon. Selon son état, son répertoire allait des chansons à boire à certaines choses plus intéressantes. Malheureusement, nous n'avons jamais réussi à faire le tri dans ce qu'il faisait...
Philippe : II aimait particulièrement "La vie en rose", et puisait dans le vieux répertoire français. C'est un mec qui avait joué avec Piaf et des gens comme ça. C'était décapant, du moins pour les oreilles !
Hervé : Ça a bien surpris, et c'était souvent très chaud, il a même eu peur plusieurs fois.
Philippe : Au Rex, la première partie s'était faite jeter, les lumières s'éteignent et on leur envoie un mec avec une seule godasse... mais ça a fait un succès.


Works
Pourquoi ne pas avoir utilisé des samples de guitares mais un vrai guitariste ?
Hervé : C'était un pied de nez à certaines personnes de la presse. Quelqu'un nous a dit au cours d'une interview "Le jour où l'on verra des guitares saturées dans Trisomie, là ça sera franchement nouveau". On avait trouvé ça rigolo, le fait d'intégrer ces guitares sans changer notre image.
Philippe : II est vrai que les guitar heroes sont assez rares dans la musique électronique.
Hervé : Bruno Objoie en a bavé! Mais nous en gardons untrès bon souven
ir.

Vous avez un temps transformé votre nom en T21. Le mot trisomie commençait-il à vous gêner ?
Philippe : II y a sans doute un peu de ça. Nous sommes arrivés à la fin de l'époque punk, Trisomie 21 était un nom violent, dérangeant. Mais au bout d'un moment, tu recherches une sorte de reconnaissance, et vis à vis des médias, s'appeler Trisomie n'est pas l'idéal. Et nos fans nous appelaient sans cesse T21. C'était une abréviation, pas un changement de nom, qui allait très bien avec le concept "Works". Et c'était temporaire...

Work in progress / Works / Final work.
Hervé : Dès le départ, nous avions comme optique de faire une trilogie.
Philippe : Travail en cours, travaux et travail final, c'est une chronologie.

T21 plays the pictures.
Hervé : Ce disque est en fait un album de commande ; PIAS nous a demandé des titres assez courts dans cette ambiance. Les disques ne sont qu'une partie de notre activité, nous travaillons également sur les 3 musiques de génériques. Il y a des titres de "T21 plays the pictures" qui avaient été initialement vendus sur des produits vidéos dont on a repris la bande son. Nous l'avons fait dans un délai assez court, en une dizaine de mois.
Philippe : Nous tenons à ce que "T21 plays the pictures" soit traité à part, car il n'est pas représentatif du reste. Même si nous reviendrons peut-être un jour vers ces ambiances-là.

Sur quels autres projets avez-vous travaillé ?
Hervé : Nous réalisons des films publicitaires. J'ai fait le film et la bande son de la pub du TGVAtlantique, une autre pour Kiabi... des choses qui n'ont rien à voir avec le coté artistique de Trisomie 21. Philippe n'intervient que très rarement. J'aime assez faire ce genre de choses. Ça me lave la tête de réaliser des créations sur mesure ou des post-synchronisations. J'ai fait des versions rap d'un morceau de la Compagnie Créole, C'est bon pour le moral, c'est un excellent exercice de style. On vient d'ailleurs de faire le même genre de chose avec notre propre musique, mais avec quelqu'un d'extérieur... Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais envie de reprendre La fête triste en plusieurs versions. Je suis allé voir un pianiste de conservatoire, je lui ai dit "Voilà le morceau, je veux que tu me proposes cinq versions au piano". Elles sont complètement différentes : une version piano bar, une dans le style Sakamoto, une très "conservatoire", sans aucune fausse note... nous avons gardé celle-là et une autre à laquelle j'ai ajouté toute une gamme de synthés, dans un esprit musique de film. Il est prévu que ça devienne un disque de promo, qui devrait sortir en mars.

Une longue absence a suivi "T21 plays the pictures".
Hervé : On n'a pourtant pas chômé, il y a eu la tournée !
Philippe : C'était l'horreur !

Le concert au Bataclan...
Hervé : Nous arrivions dans une salle célèbre, nous nous attendions à tomber sur un personnel compétent et ils nous envoient des décharges de 380 V dans tous les instruments une heure avant le concert ! Tout a brûlé !
Philippe : Heureusement que tous les concerts ne sont pas comme ça. Je me souviens du Festival des Musiques de Traverses, à Reims, où nous avons été obligés de faire deux concerts le même soir, alors que nous n'étions pas tête d'affiche. L'organisateur est venu nous voir pour nous demander de remonter sur scène une seconde fois car toute une partie du public n'avait pas pu rentrer et attendait dehors. Il avait peur pour les voitures. Un délire total !
Hervé : Lorsqu'il y a projection de diapos, que la salle est adaptée, on a parfois un confort de travail fantastique.


Allez-vous continuer à faire des concerts ?
Hervé : Non. Des souvenirs comme celui du Bataclan ne sont pas stimulants. Mais nous devons faire une tournée des Fnac en mars, on pourra parler avec le public.
Philippe : Nous sommes le seul groupe à ma connaissance dont le contrat stipule un plafond de prix d'entrée des concerts. C'est une démarche réfléchie. Mais malgré tous ces gardes fous, ça foire quand même. Nous avons refusé certains concerts parce que nous jugions que les conditions n'étaient pas assez bonnes. C'est PIAS qui nous pousse. Nous n'avons jamais été vraiment convaincus, mais là, nous le sommes encore moins. Fondamentalement, nous ne sommes pas un groupe de scène.


Raw material.
Hervé : Nous avons sorti ce live pour casser les ventes des cassettes pirates. Nous n'avons jamais vraiment été pour le principe du fan-club qui vends des t-shirts ou des K7, mais si tu ne le fais pas, il y aura toujours des gens qui le feront a ta place !
Philippe : Nous avons toujours fait la poursuite des K7 et je trouve qu'on en voit moins. Nous avons interdit les enregistrements, les appareils photos... Nous ne y sommes pas contre la collectionnite, mais le problème, c'est que ceux qui enregistrent revendent systématiquement, et cet argent, c'est nous qui y avons droit.

Side by side.
Hervé: C'est aussi à la demande du public. Les gens n'achètent pas beaucoup de CD singles, et les majors ont tué ce marché avec leurs compilations. De fait, nous hésitions à ressortir les maxis, mais les gens nous bassinaient pour les avoir. Cette compilation nous a donc permis de trouver un compromis.
Philippe : Ça nous embêtait de voir des morceaux que nous apprécions disparaître. Le but est quand même de communiquer, et il est dommage qu'une partie de ce que tu fais tombe dans une oubliette parce que ce n'est plus adapté au marché. C'est dans ce sens-là que nous l'avons sortie, plus que par démarche commerciale.


Distant voices, où l'on peut découvrir la quatrième partie d'"Is anybody home" !
Philippe: C'est une espèce de private joke, un raccord avec tout ce que l'on a fait avant, un clin d'œil pour garder un lien avec ceux qui nous suivent depuis le départ.
Hervé: Le titre entraîne tout un imaginaire "Qui est derrière cette porte ? Qu'est-ce qui se passe ?". J'ai toujours pris beaucoup de plaisir à faire ça.


C'est la première fois que vous travaillez avec des gens extérieurs au groupe ?
Philippe : Jean-Christophe Ducatel avait enregistré le deuxième album, il a fait quelques concerts avec nous, c'est une continuité.
Hervé : Lena Kane est une choriste noire. Ça a été particulièrement dur de travailler avec elle. Elle chantait un type de chœur sur une piste pendant tout le morceau, puis un autre type, puis un autre, et je me suis retrouvé avec une matière importante sans savoir ce que j'allais en faire. J'ai tout samplé et je me suis rendu compte que j'aurais beaucoup de chance si je m'en sortais. Elle a une manière vraiment très bizarre de placer ses mots sur les temps. J'ai du faire travailler les ordinateurs sur ces voix sans demander de réflexion à la machine. Si tu lui demandais de quantifier, elle te plaçait ça n'importe où !


Vous connaissiez bien Blaine Reininger de Tuxedomoon ?
Hervé : Nous avons avec lui des contacts plus professionnels qu'amicaux. Il a joué du violon pendant cinq minutes et nous avons recollé en différentes parties. Nous avons essayé d'utiliser des machines à partir de choses jouées par les gens.
Philippe : Les intervenants avaient leur identité et leur feeling mais ils jouaient Trisomie 21. Nous leur donnions des indications très précises et nous choisissions. Ce n'est pas du vampirisme, ce sont les relations normales que peut avoir un chef d'orchestre avec ses musiciens. Nous avons une idée tres précise de ce que doit être un violon sur un morceau. Nous pensons à quelqu'un, il vient jouer et nous essayons d'utiliser sa façon de jouer de son instrument par rapport à ce que nous voulons en faire. Et quoiqu'il arrive, c'est nous qui décidons si nous utilisons ou pas le résultat.


Quel est ce bambin que l'on retrouve sur absolument toutes vos pochettes ?
Philippe : C'est une partie de la pochette du "Repos des enfants heureux", les gosses qui sont en ligne, une photo que l'on avait extraite de la revue France-URSS. C'était un camp de vacances des jeunesses communistes. C'était une façon de lutter contre l'embrigadement. Nous nous sommes retrouvés interdits d'affiches. Nous étions
méchants !
Hervé : Un paquet de concerts annulés, des alertes à la bombe C'est aussi pour ça que nous n'avons jamais vraiment cherché à faire des concerts. C'était l'enfer !
Philippe : À une époque, les associations d'enfants inadaptés ne nous lâchaient plus.
Hervé : Quand on a fait la tournée de "Works", Vigoureux a tenté de nous interdire à Marseille, il a fallu qu'on organise deux faux concerts le même soir, pour que nous puissions jouer dans une salle si les flics débarquaient dans l'autre.


Que représente la pochette de "Distant voices" ?
Philippe : C'est un tableau existant, la seule pochette sur laquelle nous ne soyons absolument pas intervenus. "Chapter IV" avait été au moins remise dans un contexte. On peut voir un tas de choses sur ce tableau, mais principalement un mal de vivre.

"Jazz" est votre second titre en français.
Philippe : Oui, on l'a fait sans prétention. Nous avons commencé à chanter en anglais pour nous démarquer de tous ces chanteurs français du genre Starshooter sur les disques desquels on posait des macarons bleu blanc rouge. À l'époque, on disait aux jeunes d'apprendre l'anglais, il fallait faire l'Europe, et en même temps on encensait des groupes 100 % français. Nous avons quand même fait une chanson en français, "II se noie", pour montrer que nous en étions capables. Nous sommes nord-européens, notre vision est mondiale, et à partir de là l'anglais est plus adapté.
Hervé : Nous vendons moyennement dans une trentaine de pays. Ça dépend des albums. Pour la France c'est "Chapter IV", le Brésil et l'Angleterre préfèrent "T21 plays the pictures".
Philippe : Si je chantais uniquement en français, nous serions beaucoup plus limités.


Pourquoi accordez-vous si peu d'interviews ?
Hervé : A un moment, nous les rerusions toutes. Une chose que nous ne supportons pas, c'est que nous prenons de notre temps pour venir faire des interviews, et que beaucoup trop de gens ne prennent même pas du leur pour t'en envoyer une copie. Tu es de moins en moins incité à te déplacer s'il n'y a pas un respect mutuel.

La presse nationale ?
Philippe : Les Inrocks... nous n'avons jamais eu d'atomes crochus avec eux.
Hervé : C'est surtout eux qui n'en ont pas avec nous. De toutes façons, nous avons toujours été là sans eux, ils sont plus jeunes que nous. Ça ne nous dérange pas. Je sais qu'il n'est pas toujours facile de retranscrire une interview, mais ce n'est pas agréable non plus de trouver des choses souvent très déformées. Nous n'avons jamais été à l'aise avec la presse et on sentait quelle n'avait rien à nous dire, et nous non plus. C'est justement pour cette raison que nous avons monté le fan-club, pour échapper à la presse, pour essayer d'avoir un lien direct avec les gens qui nous écoutent. C'est un échec relatif, il faut quand même que le mec écrive et nous recevons tellement de lettres qu'il est difficile de suivre tout le monde.
Philippe : Voilà pourquoi, maintenant, nous faisons des interviews.


Christophe Labussière

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